jeudi 14 avril 2011

Côte d'Ivoire, leçons à tirer


L'image qui frappe le plus lorsqu'on suit des reportages sur la Côte d'Ivoire ces jours ci, après le drame des maisons pillées, c'est celle d'un pays qui reprend vie, dans des conditions difficiles certes, mais déjà, qui reprend vie.

Ces quatre derniers mois ont été difficiles pour la population de l'un des pays les plus riches de l'Afrique noire, ou même de l'Afrique toute entière, tant par la quantité des richesses, que par la qualité de ses Hommes.

Après un taux de participation presque record en Afrique (plus de 80%), un premier tour correct et un débat historique entre les 2 acteurs politiques de l'heure dans ce pays, le Monde a vu la situation se transformer en un film Western des années 80, où deux camps ont pris en otage un pays, et occupé la une des journaux.

Durant les quatre mois donc, chacun y est allé de sa plume, de sa verve, de ses convictions et de ses interets...pour commenter. Pour certains, c'était le retour de la colonisation, pour d'autres c'était l'arrivée de la démocratie, ca dépendait de l'angle que l'on prenait pour regarder le verre, à moitié plein ou à moitié vide.

A un ami qui terminait de pleurer en affirmant que ce sera toujours ainsi, le noir ne pourra que se courber pour faire la réverrence, je repondais de manière froide, que le noir ne récoltera que ce qu'il sera capable de semer.

Je m'explique: la vie étant une série de choix qui nous engagent, nous pouvons décider de rester amorphes face aux situation qui nous arrivent, mais nous pouvons aussi prendre nos destins en main, bâtir des stratégies et poser des actions qui au lieu de nous radicaliser/ridiculiser sur le plan international (car il est trop tard je pense, pour s'imaginer qu'on puisse vivre à l'écart de la Communauté Internationale), nous permettront d'avoir quelque chose de concret à offrir. Nous sommes plus que jamais, dans l'ère du win-win, si on n'a rien à offrir, souffrons que les autres ne nous donnent jamais la parole.

Et si au lieu de nous courber pour faire la reverrence, nous nous courbions pour travailler, afin que le fruit de nos investissements, constituent une valeur ajoutée qui force les autres à nous prendre en considération....le Monde dit globalisé, est un immense marché, si on n'a rien à vendre, on reste chez soi.

Que ce soit les juifs ou d'autres peuples qui ont plus ou moins réussi à se hisser à un niveau accepté et respecté, il a fallu à un moment tendre la main, mais ne jamais s'endormir sur le fait que les autres nous aident, car aucune aide n'est gratuite, chaque acte vise, qu'on le veuille ou non, un certain interet, voire même un interet certain.

Mais ce qui a trop souvent fait la différence entre les Peuples, c'est la présence en leur sein, de vrais leaders, ayant assez de charisme pour fédérer, mais fédérer autour de projets qui ne soient en rien suicidaires....pas autour de projets messianiques ou d'escroqueries intellectuelles...

Ces leaders portaient ainsi une vision, qu'ils se sont attelés à partager, et à implémenter, en tenant compte des réalités, car qui prend en compte les difficultés à venir, ajuste au mieux sa stratégie...

Nous pourrons continuer à gémir sur nos claviers, le monde tournera dans le même sens....par contre, en plus d'utiliser cette force qu'est internet, nous pouvons aussi passer à l'action, en copiant ce qui a marché ailleurs, mais sans jamais penser naivement, que les solutions à nos maux, puissent venir d'ailleurs.

Et contrairement à ce qu'on aime se dire pour se consoler, les efforts ne doivent pas commencer exclusivement quand on est nombreux. Chacun à son modeste niveau, devrait commencer par s'imposer une rigueur, une discipline, une manière d'être et une manière de faire. Si ca n'inspire que 2 personnes autour de lui, ces 2 personnes pourront inspirer à leur tour 2 autres, et c'est une chaîne qui se constitue. Ce leader peut être en chacun de nous, ne l'attendons pas dans nos lits, trouvons le à l'interieur de nous, car on sait bien que le génie n'est pas forcement une affaire d'héredité.

Pourquoi reprocher à l'Union Africaine par exemple, de ne pas s'entendre sur ses propres problèmes, si nous sommes déjà incapables de fédérer nos propres familles autour d'un projet, aussi petit parfois que l'organisation d'un deuil.....Trop souvent, nous attendons que le travail soit fait, que les risques soient pris par d'autres, pour appliquer ce qui semble être le plus facile: la critique....un esprit critique aide à construire, un esprit de critiques, favorise la destruction.

Le mal est donc entier, et quoi que l'on dise, Gbagbo et Ouattarra, qu'on les apprécie ou pas, ont au moins un mérite, ils ont été les acteurs de leur époque...chacun d'eux aurait pu se dire que les autres feront, et eux ils critiqueront. Chacun a pris un couloir et a tenté de le maintenir, au regard de ses convictions ou de ses interêts (la frontière étant parfois difficile à préciser), et au final, chacun sera jugé, qui par les ivoiriens, qui par Dieu, mais au moins, ils ont essayé de faire bouger les choses, et ca me semble bien meilleur que ceux qui restent dans l'ombre, ne donnent aucun avis, ne prennent aucun risque, mais adorent critiquer tout simplement.

Hélas, leurs actes ont détruit un pays, ont tué des familles entières, etc....mais au final, de façon pragmatique, si cela a permis à quelque chose de naître, et de perdurer sur le long terme, peut-être que c'était le prix à payer. Ca m'attriste certes, mais de discourir sur les morts, n'aide pas les vivants à avancer. De tirer les leçons du drame par contre, est essentiel pour ajuster le tir futur.

Et c'est peut-être sur ce point que Sarkozy "dérange" un peu les français, trop habitués à sauvegarder leurs fameux acquis, sans tenir compte du changement qui s'opère autour d'eux, et du risque qu'il ya à rester statiques dans la vie. Sans aimer l'homme, j'apprécie au moins la bête politique, qui arrive au pouvoir à un moment où certaines choses doivent se faire, et à un moment où la France, qu'elle le veuille ou pas doit sortir de sa zone de confort. Maintenant après, le style est lié à la personnalité de tout un chacun, et sa personnalité est un peu spéciale. Mais dans le fonds, j'ai bien l'impression, que nous ne sommes pas, nous Africains, forcés de nous courber, de tendre la main, de se faire fouetter et de dire merci. Si c'est une stratégie, tant mieux, mais une autre option semble être de tirer des leçons de tout ce qui se passe autour de nous, et de commencer à bâtir les actions qui feront de nous, dans 5, 10 ou même 20 ans, des Peuples avec lesquels il faudra compter.

Si le Japon s'arrêtait sur sa bombe atomique reçue, et attendait que les autres peuples viennent l'aider à pleurer, je ne pense pas qu'elle aurait engagé sa croissance, dans une zone qui en plus, est plus que catastrophique sur le plan naturel.

 L'Afrique est donc à un tournant, à elle de faire le vrai bilan de ses 50 ans d'indépendance, à elle de comprendre qu'elle est encore à côté de la plaque, et qu'au lieu que ses dirigeants pensent que leur présence est indispensable pour que les Etats fonctionnenet, qu'ils commencent à se dire que les résultats concrets sont les meilleures armes pour rester au Pouvoir. En même temps, que nos peuples cessent de détourner la tête des vrais problèmes, pour ne fixer que les élements de distraction. On se détend après avoir réalisé des choses positives, arrêtons de faire penser aux autres que la fête est culturelle ou génétique chez nous....mettons-nous au travail, sinon dans 50 ans, nous serons toujours sur ce marché planétaire, en train de nous balader, sans but et encore moins sans destination, parce que nous n'aurons toujours rien à proposer de concret...

Et poutant nous avons 2 élements au moins qui me semblent capitaux....un sous-sol extrêmement riche et non encore exploité, et une ressource humaine enviée par tous.

Si l'on a les outils, alors mes Frères, mettons nous donc au travail, et bâtissons!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"de discourir sur les morts, n'aide pas les vivants à avancer. " J'aime bien cette tournure Davy.

PS: A quelle adresse faut t'écrire si besoin?